Mode : La sous-représentation des femmes aux postes de direction persiste malgré leur rôle central
Le secteur de la mode continue d'exclure massivement les femmes des postes de direction, malgré leur rôle prépondérant à tous les niveaux de l'industrie. La nomination de Berta de Pablos-Barbier comme PDG de Pandora, premier joaillier mondial, fait figure d'exception dans un secteur toujours largement dominé par les hommes.
Un paradoxe persistant dans l'industrie
Les chiffres révèlent une contradiction frappante :
- 85% des achats sont réalisés par des femmes
- 80% des employés du secteur sont des femmes
- Seulement 14% des grandes marques sont dirigées par des femmes
- À peine 10% des postes créatifs majeurs sont occupés par des femmes
"Le plafond de verre reste une réalité tenace dans la mode, malgré les discours d'empowerment", souligne le dernier rapport du CFDA.
Des initiatives prometteuses mais isolées
Certaines entreprises montrent la voie :
- Ganni (Danemark) affiche une proportion de 90% de femmes dans ses effectifs
- Youngone Corporation déploie le programme GEAR pour former des superviseuses
- Le programme RISE, alliance entre marques et ONG, promeut l'égalité dans les chaînes d'approvisionnement
Un enjeu de crédibilité et de performance
Selon McKinsey, les entreprises avec des équipes dirigeantes diversifiées affichent :
- Une meilleure performance financière
- Une plus grande résilience aux crises
- Une capacité d'innovation accrue
L'urgence d'une transformation
L'industrie risque de perdre la confiance des consommatrices, de plus en plus sensibles à l'écart entre les discours marketing et la réalité de la gouvernance. Les experts recommandent :
- Des objectifs chiffrés de promotion féminine
- Une transparence accrue sur les parcours de carrière
- Des investissements concrets dans le leadership féminin
La transformation du secteur nécessite une volonté politique forte et des actions concrètes, au-delà des simples promesses d'empowerment.